AEV09 : Cinéma

Sujet 1 : Tentez d’expliquer à une personne qui ne maîtrise pas bien la langue française deux des quatre expressions suivantes.- Pourquoi parle-t-on des quatre coins de la Terre, alors qu'elle est ronde ?- On remercie un employé quand on n'est pas content de ses services.- Pourquoi, lorsqu'on veut avoir de l'argent devant soi,  faut-il en mettre de côté ?Pourquoi dit-on d'un pauvre malheureux, ruiné et qui n'a même plus un lit dans lequel se coucher, qu'il est dans de beaux draps ?

Être dans de beaux draps ! Bien sûr, c’est un euphémisme. En fait ça veut dire être dans de sales draps. Mais pourquoi dire le contraire pour exprimer une situation ? Hein ? Pourquoi ? En fait, c’est politique !
Écoute nos dirigeants : Ne disent-ils pas que nous, Français, sommes les plus intelligents de la terre, les plus courageux des travailleurs, le peuple le plus accueillant, France terre d’asile, nos femmes les plus belles du monde, nos zizis les plus vigoureux, notre système éducatif le plus efficace, que sais-je encore ?
Nos plages les plus Touquet, notre tour la plus Eiffel, nos grottes les mieux Chauvet, nos monts les plus Blanc.
Blanc comme les draps de couleur, car même dans la couleur, nous, les Français, nous dormons dans du blanc, du beau blanc, du blanc de blanc, avec des fleurs sur le rabat du drap de dessus. Quoiqu’il arrive, le sais-tu toi qui arrive, nous nous glissons dans de beaux draps ?
Elle vous a plu, mon explication ? Non ?

Merde alors, j’suis dans d’sales draps !

__________________________

Pour ménager ses arrières, il faut mettre de l’argent de côté, de façon à en avoir devant soi. Ben oui, de l’argent tout autour : devant, derrière, sur les côtés, la boucle est bouclée. Du pognon plein la ceinture du pantalon. D’ailleurs, elle vient de là, cette expression où la boussole s’affole.
Bref petit rappel historique : lorsque les banques n’avaient pas la mainmise sur le flouze comme aujourd’hui, les gens conservaient leurs écus autour du bide. Bien à l’abri sous le cuir de vache de leur ceinturon. Au fur et à mesure du remplissage, sitôt le devant garni, ils faisaient tourner leur ceinture en commençant par garnir les côtés, puis chargeant leur dos du trop-plein d’écus. C’est ainsi que pour glisser leurs économies dans les espaces situés à l’arrière, ils faisaient tourner le ceinturon d’un demi-tour. L’argent qui séjournait devant allait derrière en passant par les côtés puis repassait devant … et ce n’est pas le fougueux Magellan qui nous contredira, qu’à force de tourner autour d’un rond, on finit par revenir au point de départ. C’est ainsi qu’il a découvert la rotondité de la Terre, le vaillant amiral, ronde comme un ventre d’usurier, un corset, une flanelle, un bandage, une ceinture, une planète.
Mais aujourd’hui, pour ménager ses arrières, il faut plutôt voir avec les banquiers. : placer ses économies aux îles Caïman aux dents longues, puis les faire bronzer aux Bermudes, les expédier au Delaware, circuler il n’y a rien à voir, les faire fructifier au Luxembourg, ô duchesse, mon amour, et demander leur rapatriement en France, terre d’asile Basile, tout ça sur le dos du gentil contribuable. Joli voyage à l’échelle de la planète, qui comme chacun sait depuis Magellan, le malchanceux capitaine, est ronde comme une pièce de cent sous.

T’as tout compris ? Ça f’ra cent balles !


Sujet 2 : À la façon de « J’en ai marre / Marabout / Bout de ficelle / Selle de cheval » etc. écrivez un poème dont la syllabe rimante d’un vers est répétée au début du vers suivant.  (Il est recommandé, mais pas obligatoire, de boucler : que l’ultime syllabe du poème renvoie à l’initiale)



Cinéma ; Massachussetts ; Set de table ; Table à langer ; Geronimo ; Modigliani ; Ni oui, ni non ; Non, mais des fois ; foi d’animal ; Mal poli ; Littérature ; Turlututu ; Tutti quanti ; Tiramisu ; Surimi ; Misérable ; Rabelais ; Laideron ; Rond de cuir ; Cuirassier ; Scier des bûches ; Buche de Noël ; Noël Noël ; Noëlle Chatelet ; Laiterie ; Rigoletto ; Topographie ; Phylloxera ; Ravioli ; Liberté chérie ; Richard Wagner ; Nerf de Bœuf ; Bœuf en daube ; Doberman ; Manécanterie ; Riz thaï ; taille-crayon ; Rayon de bicyclette ; L’est-y pas finie cette idiotie ; Cinéma …

AEV09 : Sonate

Sujet 1 : Tentez d’expliquer à une personne qui ne maîtrise pas bien la langue française deux des quatre expressions suivantes.- Pourquoi parle-t-on des quatre coins de la Terre, alors qu'elle est ronde ?- On remercie un employé quand on n'est pas content de ses services.- Pourquoi, lorsqu'on veut avoir de l'argent devant soi,  faut-il en mettre de côté ?Pourquoi dit-on d'un pauvre malheureux, ruiné et qui n'a même plus un lit dans lequel se coucher, qu'il est dans de beaux draps ?
On remercie un employé quand on n'est pas content de ses services.
Betty, londonienne, ne comprend pas ce remerciement. Michèle tente de lui expliquer.
Cet employé est licencié de manière officielle pour des absences et retards abusifs. Trop de fois en retard. Toutes ses années de travail ont permis au patron, au boss, de faire des bénéfices, des profits. Mais  sa mauvaise conduite perturbe le bon fonctionnement de l’entreprise. Fait perdre du temps pour une réorganisation dans l’équipe. Perdre du temps c’est perdre de l’argent pour le boss. A ce niveau là l’employé n’est plus rentable, au contraire. 
Le patron le licencie et le remercie pour ses années travaillées. Mais il ne lui dira certainement pas à voix haute « merci pour les profits réalisés grâce à vous. Grâce à votre salaire qui aurait pu être plus élevé, plus juste. 

Voilà, as-tu compris maintenant Betty ?
Yes. Oh oui Michèle. Merci bien


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B - Pourquoi, lorsqu'on veut avoir de l'argent devant soi,  faut-il en mettre de côté ?

Quand Makala reçoit sa paye, il a tendance à se faire un trop plaisir. Il ouvre souvent son porte monnaie et termine le mois avec quelques difficultés, parfois.
Françoise, une amie raisonnable lui dit un jour : 
- « Si tu veux avoir de l’argent devant toi, il faut en mettre de côté »
- QUOI ? Répète moi ça Françoise. 
Françoise lui répète la même phrase.
- Mais ce n’est pas possible ! Mon argent est à la banque ou dans ma poche. Tu veux dire qu’il faut le mettre dans une poche de côté,  pas dans la poche arrière du pantalon. Et si on n’a de poche de côté, on ne peut pas garder son porte monnaie à la main, sur le côté.
- Non non Makela. C’est une expression imagée.
- Où sont les images ? Je comprendrai peut être mieux avec.
- Tu as fait beaucoup de progrès en français. Je vais tenter de t’expliquer. Essaies de ne pas m’interrompre, s’il te plaît.
Donc, « devant soi » représente l’avenir, les mois à venir. A côté représente le présent, maintenant, la vie au jour le jour. Tu travailles et si tu veux retourner en vacances dans ton pays, il te faut pouvoir acheter un billet d’avion. Tu ne dois pas dépenser tout l’argent de ta paie chaque mois. Tu dois en laisser à  la banque ou chez toi dans une enveloppe, une boîte. Comme tu veux.
Cet argent gardé, économisé restera là. Chez toi ou à la banque, c’est de l’argent mis de côté. De l’argent qui dormira.
- De l’argent qui dort ?
- Attends. Une somme d’argent qui augmentera tous les mois jusqu’à ce que tu en aies suffisamment pour payer ton billet d’avion. 
Le passé, c’est le vécu. C’est derrière toi.
(Là, Makela se retourne)
L’avenir, ce sont les jours, les mois les années que tu as à vivre. L’avenir est « devant toi ». Donc, pour pouvoir réaliser tes projets coûteux, il faudra de l’argent. De l’argent pour l’avenir, de l’argent devant toi.
- Oui oui, j’ai compris Françoise. Tu es merveilleuse, merci. Viens je t’emmène au restaurant.
- Makela ! Et l’argent devant toi ? Tu commences quand ?

- Demain. Viens lui dit-elle en la prenant par l’épaule.


Sujet 2 : À la façon de « J’en ai marre / Marabout / Bout de ficelle / Selle de cheval » etc. écrivez un poème dont la syllabe rimante d’un vers est répétée au début du vers suivant.  (Il est recommandé, mais pas obligatoire, de boucler : que l’ultime syllabe du poème renvoie à l’initiale)


Sonate 
tellement 
mentionnée  
nébuleux 
heureux 
euphorique 
querelle  
Elsa 
adore 
hormis 
minette 
hétéro 
roturière 
herbivore 
voracité  
terrain 
impair 
perso  
Sonate

AEV09 : C'est beau

Sujet 1 : Tentez d’expliquer à une personne qui ne maîtrise pas bien la langue française deux des quatre expressions suivantes.
- Pourquoi parle-t-on des quatre coins de la Terre, alors qu'elle est ronde ?
- On remercie un employé quand on n'est pas content de ses services.
- Pourquoi, lorsqu'on veut avoir de l'argent devant soi,  faut-il en mettre de côté ?
- Pourquoi dit-on d'un pauvre malheureux, ruiné et qui n'a même plus un lit dans lequel se coucher, qu'il est dans de beaux draps ?

Pourquoi, lorsqu'on veut avoir de l'argent devant soi,  faut-il en mettre de côté ?

Pour comprendre le sens de cette expression, il vous suffit de vous munir d’une carte de l’Europe de l’Ouest 
Tout d’abord, avoir de l’argent devant soi signifie avoir des économies. Sur le grand chemin de la vie, nous symbolisons les économies comme des paquets de billets posés ça et là, attendant que nous les prenions.
Dépliez la carte et étalez-la devant vous, le nord en haut. Repérez la France sur cette carte et à partir de là, regardez à côté de notre beau pays.
Commencez par la gauche (côté cœur, et en Ariège tout commence par la gauche), vous y verrez l’Océan Atlantique.
Testez la phrase pour avoir des économies il faut avoir de l’argent dans l’Océan Atlantique.
Vous conviendrez que cette hypothèse ne veut rien dire, que c’est un gros flop, voir même un gros plouf.
 Retrouvez la France et poussez vos yeux vers la droite et vous allez identifier très rapidement un pays limitrophe qui s’appelle la Suisse.
Nous avons là un filon (qui a dit d’or ?) et nous pouvons reprendre la phrase initiale :
Pour avoir des économies, faut-il en mettre en Suisse ?
Interrogez les dirigeants de la HSBC, du Crédit Suisse ou autre organisme helvétique du milieu bancaire, recoupez avec des déclarations de repentis fiscaux français et vous conviendrez que nous avons trouvé facilement le sens de cette phrase énigmatique.



On remercie un employé quand on n'est pas content de ses services.

En France, pays des lumières, du raffinement et des fastes de Versailles, l’étiquette, le savoir vivre norment les relations entre les individus.
C’est pourquoi nous sommes devenus les champions du monde des non-dits. Nous excellons dans le sport national qui est de s’interdire d’appeler un chat un chat dans un souci de ne pas blesser celui qui est différent, dans une démarche d’égalitarisme . Cette posture c’est accéléré sous la pression récente de groupe de pensée édulcorée défendant l’image de la moindre minorité hors norme.
Pour ne pas vexer le gros, le petit, le bossu, le moche nous qualifions tous ces groupes de minorité visible. C’est plus classe que de dire que nous croisons un gras double, un rase bitume, un tordu ou un laidron. Vous en conviendrez aisément.
Dans le même état d’esprit nous parlerons de mal voyant pour une binoclard  affublé de deux tessons de bouteille comme monture, nous qualifierons de mal entendant, celui qui n’a de cesse de faire répéter les autres tellement il a les portugaises ensablées et qu’il est sourd comme un pot.
C’est pourquoi, pour ne pas risquer de se retrouver devant les prud’hommes et alors que nous aurions plutôt envie de filer un grand coup de pied au séant de notre employé indésiré, nous préférons le remercier.
Vous conviendrez que les persiffleurs nous qualifiant de peuple râleur, pessimiste, grossier et j’en passe en sont pour leur argent, car nous sommes tout en subtilité, en mesure et plein de bonnes intentions envers notre prochain.
La richesse de la langue de Molière nous le permet, n’en déplaise aux fans de Shakespeare.


Sujet 2 : À la façon de « J’en ai marre / Marabout / Bout de ficelle / Selle de cheval » etc. écrivez un poème dont la syllabe rimante d’un vers est répétée au début du vers suivant.  (Il est recommandé, mais pas obligatoire, de boucler : que l’ultime syllabe du poème renvoie à l’initiale)

C’est beau
Beauté asiatique
Tique et puce
Puce électronique
Nique ta mère
Mer d’huile
Huile de lin
L’Ain est un département
Menthe à l’eau
Eau dans le gaz 
Gazoduc
Ducs et barons
Ronron fait le chat
Château de carte
Carte à jouer
Jouer pour gagner

Gagner, c’est beau

AEV09 : Chlorophylle


Sujet 2 : À la façon de « J’en ai marre / Marabout / Bout de ficelle / Selle de cheval » etc. écrivez un poème dont la syllabe rimante d’un vers est répétée au début du vers suivant.  (Il est recommandé, mais pas obligatoire, de boucler : que l’ultime syllabe du poème renvoie à l’initiale)


Chlorophylle
Filament
Menthe à l’eau
Lolita
Tarte aux pommes
Pomme d’amour
Toujours !

Jour sans fin
Faim de loup
Lou-pé !!!
Pétition … anti-OGM ?
Emmerdeuse, va.
Vanille-fraise.
Résister
Taire le mal 
Maladroitement,
Mentir. 
Tire-au-flanc
Flancher …
Chérir le sofa.
facile à dire
Irresistible pirate !

Attention Léo
Aujourd’hui,
Huis clos
Audacieux.
Yeux mi-clos.
Clope au bec,
Equivoque.
Okay

Et du coup, terminus : tout le monde descend !!!


Et ....

Bonjour, comment vas-tu Jean ?
J’enchante … enfin ! J’envisage d’enchanter
résa, la belle brune aux yeux ardents.
Danseuse de samba incendiaire, elle se dandine
Inexorablement sur la plage de Copacabana
Anatomie dénudée, enrubannée de perles scintillantes.

Entends-tu ami ? La Samba se répand jusqu’à engloutir l’océan 
Envoûte l’asphalte, auréolée de plumes chamarrées,
volutionne la misère et, l’espace d’un souffle, d’un instant
Tandis que l’indigence frétillante oublie sa disgrâce,
Assume les déhanchés querelleurs de ses reines éphémères
Merveilleuses majestés d’un jour où, troublés
Les petits deviennent d’authentiques géants.

AEV09 : Panthermite

Sujet 1 : la syllabe

Qu’il est beau, le chat ! Ses yeux sont verts, ses poils comme du feu, ses dents n’ont que du blanc, bol de lait cru. Moi, je suis le lion, fort et doux à la fois, face à lui. Je fais du poids mais pas trop, je suis grand mais pas trop. Je te plais le chat ? Car à moi tu plais tant, je t’en prie, ne fuis pas, je suis doux, je suis gay, je te prends ; hop ! tu es pris, c’est la vie. Et tu geins telle une oie, et tu pleures ! Puis tu ries, chat de la nuit, et tu te moques, c’est du beau !
Des hou ! J’ai si peur du loup que je fuis à fond la caisse. J’n’ai même pas joui !


Bon, je vais voir plus loin un aut’ chat, plus noir et plus gai. Na !


Sujet 2 : sardinausore


La panthermite se tapie, se terre, se prépare à l’assaut. Devant elle, un arbre gigantesque, aux branches comme des racines, comme planté à l’envers, un fier baobab. Elle se dit quel festin je vais faire, quel garde-manger, quel mirador !
Le soleil lui cuit le dos, il lui faut de l’ombre, de la fraîcheur, du sang noir. Elle se nourrit de cellulose, de sève brute, de chair sombre, du sang noir de grand koudou ou laiteux de baobab. Déjà, la panthermite se repait du château de croûtes, des tours comme des cornes de gazelle, des palais éventrés, créneaux de dents, alignement de cotes desséchées que le soleil éclabousse. Elle rêve de morsures puissantes, d’os broyés, secs comme du bois mort, qui se brisent en esquilles, en brindilles, en poussière.
Elle grimpe au tronc puissant avec avidité, ses pattes s’agrippent à l’écorce brune, peau d’antilope aux pores fins où pénètrent griffes et mandibules. Elle s’élève pour mieux fondre sur sa proie, l’anéantir, la sucer jusqu’à la moelle, la réduire en cendre.
Mais l’arbre n’était qu’un mirage. Une illusion de festin. Alors la panthermite se tapie, se terre, et meurt de faim. Fin.



Panthère + thermite = Panthermite

AEV09 : le Dromadairepaon


Sujet 2 : sardinausore

Au fin fond du Sahara vit un animal extraordinaire, le Dromadairepaon.

Fier sur ces longues pattes, bosse gonflée de désir, regard scrutant l'horizon, pendant la parade nuptiale, ils deviennent l'attraction de la région.

les Dromadairepaons étalent leurs plumes de leur queue en éventail. Hypnotisé par ces couleurs extravagantes, tout être vivant ressent, soudain, une paix intérieur. Leurs braillements deviennent des mélodies langoureuses.

Commence alors une étrange danse ou animaux et humains rentrent en transe.

Plusieurs jours durant, les Dromadairepaons influent un souffle harmonieux sur cette région d'un autre monde.

AEV09 : En route pour Blois

Sujet 1 : la syllabe


Elle vient ou pas ? Il veut qu’elle soit là, moi non. Elle geint, ne voit pas plus loin que ses pieds et se perd au bois. 
Bon, tant pis ! On se rend à Blois en Fiat via Creil et Dreux. Il pleut, pas de bol. Puis si du coup, moins de gens là-bas. 

J’ai vu Paul ces jours-ci. Il va mieux qu’au mois de juin, mais broie du noir le soir, seul. 
En fait, pas mal du tout ton nu sur fond gris. Ouais, bien !
Tu as faim ? Tiens un bout de pain et bois de l’eau.
Oh, que ça pue ! ça vient du champ d’en bas. Ne ris pas. 
Ouf ! On y est, cool. 

Eh ! Shouf les fleurs sur le bord. Des lys je crois ; ça sent bon.
Un daim fuit et au loin le cerf rait, un âne brait. Je ne vois que des pas d’ours dans la boue. Brrr, ça fait froid dans le dos.
Plus de bruit. J’ai froid puis chaud. Je sue, prends sur moi et vaincs ma peur par ces notes : si mi la ré si sol do fa, si mi la ré si sol do fa * la la la la la la la   sol do fa.
Jo craint la fin du jour.
Cat, Jo, la nuit vient. On part chez Max et Dom à Tours.


*extrait de la Petite cantate de Barbara

AEV09 : le dahulotte

Sujet 1 : la syllabe


- Oui, je dis oui. 
- Oui à quoi, à qui ? 
-  Pas à quoi, mais à qui. A toi Vee, je dis oui pour la vie. 
- Ah, ben moi aussi, alors je te dis oui.
- Bien mais au fait, tu me dis oui, mais tu peux me dire non si tu veux.
- Oui mais je veux te dire oui.
- Pour la vie, Vee ?
- Oui, moi c’est pour la vie.
- Et donc, le non part pour de bon ?
- C’est ça. Pas de non chez nous, que des oui.
- Je n’ai pas peur. Que des oui, plus de non et pour des ans et des ans, ça c’est trop bon.
- Et oui, tu l’as dit, c’est trop bon. A mort le non. Pour nous c’est oui pour la vie et tant pis si c’est long, c’est si bon de dire oui.
- Mais, tu sais qu’ici on dit plein de non. Non à ça, non à ci, c’est bien dur d’ouïr des oui. N’as-tu pas peur, Vee de tous ces non ?
- Pas du tout, car je sais leur faire dire oui.
- Ah bon ?
- Il n’y a qu’à leur dire oui, dès qu’ils sont nés et ils ne disent plus non. Crois moi, foi de Vee.
- C’est çà. Fuis le non, ma mie. Fuis ce mot qui n’est pas beau. Qui peint en noir ta vie et crie par monts et par vaux : OUI. Oui à la vie, oui à Vee, oui à toi, oui à moi, va en paix et à la fin ris.




Sujet 2 : sardinausore


Dans nos montagnes vivait il y a très longtemps le dahulotte.

Il vivait dans les Alpyrénées, en haut des estivalpages et ne sortait que la nuit grâce à sa vue parfaitement adaptée à la lumière nocturne.
Très reconnaissable du fait de son cri, le dahulullement (hou hou), il pouvait tourner sa tête à 360°, ce qui le rendait une proie difficile à chasser pour ses prédateurs.
Parfaitement adapté au relief il avait les pattes avant et arrière gauche plus petite que celles de droite pour les mâles et l’inverse pour les femelles. Ainsi les mâles marchaient toujours à flanc de montagne vers la droite, alors que les femelles allaient à droite. 
C’est pour cela que l’on dit que le dahulotte passe et rapace.
Ce ruminant nocturne, si souvent chassé par les urbains, n’a jamais pu être pris en photo, mais son bec courbe était parfaitement adapté pour qu’il mange de l’herbe mais aussi des baies et des feuilles.
Si cet animal semble ne plus vivre dans nos montagnes, le gouvernement a un projet de réintroduction du dahulotte.
Des opposants manifestent déjà leur refus de pouvoir croiser cet animal mythique.

Toute ressemblance avec une situation ayant déjà existée est absolument volontaire.

AEV09 : Impalamentin

Sujet 1 : la syllabe

les mots qui d'hab' me sont  familiershop....se sont " vo- la- ti- li- sés"....
Je sais.... que tu es moi et que je suis toi. Mais rien ne me vient. Alors, je vais te dire à ce soir. Chante....chante....toi aux yeux si doux, à la voix si tendre....... C'est si bon de t'en- ten- dre !



Sujet 2 : sardinausore

C'est la savane, l'atmosphère est lourde et humide, l'impalamantin  au milieu d'herbes, de buissons.....l'oreille tendue...l'odorat reniflant il avance de ses yeux perçants.

Calme, discret, plutôt  solitaire, loin delà...un chant s'élève comme sortant d'un accord pincé et mélodieux  d'une lyre qui résonne.

Le lamantin alors s'est rapproché.... il a confié  sa lyre en forme de corne à ce beau mâle qu'est l'impala.




AEV09 : Belugazelle

Sujet 1 : la syllabe


Un jour de juin, Lou vint me voir et me dit :

« - Oh mon Dieu ! Je crois bien que je perds des mots.

- Ah bon ? lui dis-je d’un ton niais. Et, que fais-tu donc pour ça ? Tu les sèmes ? Mieux … tu les vends ? Mais à qui ? Ha, ha, ha !!! Il n’y a que des trucs trop « pop » dans ta vie !!! L’autre jour, c’est ton ûd qu’on vole dans ton van bleu. Une autre fois, c’est ta frise d’ures qui  tombe dans le spa. Il y eut tes skis blancs qui coulent dans le lac, le mec qui prend ton lot de mil pour des nems, le sot … Et j’en passe … Dans le fond, c’est quoi  ce qui te prend le chou ?

- Je ne sais pas, dit Lou en kilt rouge, blême et pas au top du tout. Je ne sais pas. Juste, ils s’en vont je crois. Je n’ai plus un seul grand mot. En tout cas, je ne les dis plus. Ils sont coin____ là. Et pff. Ca ne sort pas. Et je me sens toute nue sans tous mes mots.  »

Ce n’est pas vrai ça, me dis-je en moi-même ; elle est un peu ouf, la pauv’. Et puis est-ce très grave en fin de compte ? Mais elle qui aime les beaux mots, elle va, pour sûr en av___ gros sur la pa_________. Oh la ! Qu’est-ce qui se passe là ? Où sont mes longs mots ? C’est un gag …

«  -Lou ! Au se____ !!!! Pst ! Ce n’est pas cool du tout ça. Qu’as-tu fais ? C’est un sort ! Un sort que tu jètes à ta pote ? Tu oses ? …. Ou pire ? Un vol  …. Ou bien est-ce un mal qui passe de l’un à l’autre ton truc ? Comme ça ? De gré à gré ? Hic …

- Heu … Je ne sais pas, fit Lou. Je ne crois pas. Mais, en vrai, je n’en sais rien. Tu es la seule âme à qui j’en ai dit un mot. Les aut’ n’ont rien vu. Rien dit. Et moi, j’ai su que …. que quand je n’ai plus pu dire que des pas grands mots. Les grands mots, ils sont bien là, dans ma bouche mais pas moy___ qu’il en sort un seul. Oui ! oui. Je sais que ça ne se dit pas com’ ça. Je sais bien que c’est une faute. Mais que faire, hein ?! …. C’est nul. Nul de chez nul. Et c’est trop dur pour moi. Je crois être dans un ruz. Je suis si trist'. J’aime tant les beaux grands mots ! Mer___de !!! Je hais ça. C’est un sac. Un crime. Pff !! Je te le dis : ce n’est pas gai de ne pas peut dire de longs mots …. ou de ne faire que des fautes. Comme là.  Bouh, hou, hou !!! Je me sens à huis clos dans ma tête. Un zek je suis, tiens ! Stop !!!!! J’en ai marre. Je peux trop peu. J'en peux plus. Ce n’est pas de pot quand même. Tu sais quoi Kim ? Comme j’ai les mots-bots et que je suis, à mon grand dam, dans la broue je me dis : peut-on choir plus bas ? Ca ne veut rien dire ??? Bouh, hou, hou (bis)… Je me rends. J’en ai … ras le bol.  Du coup, je crois que je vais au Puy boire un coup au bar bio du beau Bob qui est psy et coupe-tif au____.  Bon !!  J’y vais. Je suis bonne pour un coup de rob. Oui. C’est beurk ‘Cré nom de Dieu. Oups !!! Je jure ….  Zut à la fin. Bye les gens. Je pars. Zou ! » dit Lou. 


Petits mots « nouveaux » 
ûd : instrument oriental
ure : syn. auroch
ruz : bassin de réception d’eaux torrentielles
zek : détenu d’un goulag
broue : mousse, écume
rob : suc de fruit épaissi


Sujet 2 : sardinausore


Le Belugazelle, animal mythique révélé dans les récentes traductions de tablettes d'argile mésopotamiennes, dont personne ne pensait qu’il existait, a été observé le 17 mai dernier dans le delta de l’Okavango qui, comme chacun le sait, se déverse dans le désert du Kalahari.
L’animal blanc immaculé observé en mai dernier par un touriste randonnant en solitaire se trouvait à proximité du rivage et « nageait à très faible vitesse et semblait ‘prendre son temps’ ; il avait la tête et la queue hors de l’eau et semblait tout droit sorti d’un grimoire » rapporte l’homme encore stupéfait. 
Sa présence corrobore donc les légendes sumériennes dont le récit a été littéralement gravé dans l’argile en  2 800 avant notre ère. Les fragments récemment traduits parlent  d’un spécimen unique et bienfaisant en ces termes « le ghazal  blanc aux yeux d’onyx traverse l’océan souterrain d’où jaillissent les sources d’eau douces plus vite que le vent. Sa vie n’a pas de fin et il possède des pouvoirs magiques donnés par Eà. »
Cette observation est une toute première mondiale. En effet, le dernier « humain » ayant observé ce splendide animal serait le héros babylonien  Enumapsû il y a plus de 5 000 ans si l’on en croit les tablettes.  
La photo qui fait le tour du monde.
Malgré sa stupéfaction, le touriste a réussi à faire une photographie de qualité moyenne mais qui permet malgré tout de voir distinctement le Belugazelle. Dans les jours suivants l’annonce de cette incroyable observation, les rédactions du monde entier ont proposé des sommes astronomiques pour en obtenir l’exclusivité ; toutefois le randonneur se dit avoir été immédiatement « touché par la grâce » et a choisi d’offrir son unique cliché à l’Humanité entière et confiait « je n’ai pas besoin d’argent. Je suis l’homme le plus riche du monde désormais. »

Il semblerait que la légende soit donc fondée : le Belugazelle posséderait bien le pouvoir magique d’offrir la sagesse et la sérénité à quiconque arrive à le voir. 


AEV09 : haiku

A partir de la photo ci-dessous, choisissez soit d’écrire soit un haiku* 
soit un petit texte racontant ce qu’elle vous évoque.



Printemps sur l’étang
Bidon jaune et vert posé
Radeau de l’oiseau.
B.
___________________________
Apaisant et rageant
Sérénité et colère
Calme et tempête 
Dans ma tête
Pourquoi cette photo ?
L’Homme pas écolo.
Harmonie des couleurs
Pour accompagner la douleur.
M.
___________________________
L’homme aime la nature ?
Je ne crois pas car il tue
Tout sauf les bidons.
V.
___________________________



Effaroucheur d'oiseaux

Job improbable : EFFAROUCHEUR D’OISEAUX. 
Dilemme

Ceux qui me gênent viennent d’en haut et ils sont attirés par ceux d’en- bas. Si ceux du bas n’étaient pas là, ceux du haut seraient ailleurs. DILEMME. Par temps sec, pas de souci, on ne voit pas ceux du bas. Les vers de terre sortent que si la terre est mouillée. Je déteste ce genre de journée. (Là, au travail. Sinon j’aime les giboulées de mars qui font sortir les morilles.) 
ça compense des heures tranquilles à tirer un coup par-ci, un coup par-là. Mais tel un inspecteur judiciaire je dois faire preuve d’ingéniosité. Un expérimenté d’effaroucheur d’oiseaux d’aéroport comme moi sait trouver les solutions. Dédé qui avait eu le cas en 98 avait craqué, crise d’hystérie puis maison de repos. 
C’est pas ces gros asticots et ces gueulards d’emplumés qui me feront démissionner. Qu’est-ce que je deviendrais ? J’ai jamais fait d’autre boulot, moi. Allez Robert, active tes méninges. Le 747 de 8h35 va bientôt décoller. 
Pan pan  pan. Avec ces 3 coups de pistolets amorces à blanc, les voilà loin pour un temps. Court. Les vers de terre doivent disparaître avant le retour des oiseaux. Les enfoncer dans leur trou, sur 2 hectares en s’y mettant à plusieurs, on fera de la bouillie. Non.
Je dégaine mon pistolet lance fusées 9 mn 5 coups à amorces à blanc. fffffzzzzzziiii  fffffzzzzzzziiiiiii 
Non, les goélands s’attarderont à remplir leur panse. Gober un ver entier c’est pas pareil qu’écrasé. 
C’est comme croquer dans une entrecôte à point et dans un steak haché. 
Pan  pan  pan 

« Tour de contrôle tour de contrôle besoin de renfort piste C2 goélands et pies en nombre imposant terminé ».

aev09 : Atelier off, " Portrait chinois "


Si j'étais un objet, je serais un iPad
Si j'étais une saison, je serais le printemps
Si j'étais un plat, je serais une tarte au citron
Si j'étais un animal, je serais un dauphin
Si j'étais une chanson, je serais une parodie
Si j'étais une couleur, je serais bleue
Si j'étais un roman, je serais encore sous presse
Si j'étais une légende, je serais Gaïa
Si j'étais un film, je serais « mange, prie, aime »
Si j'étais un dessin animé, je serais n'importe quel vieux Disney
Si j'étais une arme, je serais l’éducation/l’instruction
Si j'étais un endroit, je serais isolé, tempéré, fertile
Si j'étais une devise, je serais
    « Cela semble toujours impossible, jusqu’à ce qu’on le fasse »
Si j’étais un oiseau, je serais moineau
Si j’étais une musique, je serais une ballade irlandaise
Si j'étais un élément, je serais l’eau
Si j'étais un végétal, je serais un bambou ou une fougère
Si j'étais un fruit, je serais une pastèque
Si j'étais un bruit, je serais un battement de coeur
Si j'étais un climat, je serais tempéré
Si j'étais un loisir, j'en serais deux : l’écriture et la photographie
Si j'étais une planète, je serais Pluton
Si j'étais un vêtement, je serais un vieux pull très confortable et déformé
Si j'étais une pièce, je serais celle où "il" se se trouve
Si j'étais un véhicule, je serais une roulotte tirée par deux chevaux.

aev09 : Tu me suis, Charles-Edouard ?

Sujet 1 : Acrostiche de "Camembert" 
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- Chéri, je suis si bien entre tes bras
- Amour, moi, aussi, je me régale avec toi.
- Mon roi, pourtant, vois-tu, je suis gênée.
- Éloïse, est-ce à cause de mes mains moites ?
- Manuel, que nenni, tes mains sont si parfumées.
- Beauté, alors quoi, ce sont mes yeux ?
- Eh non, ce sont tes pieds ; ils sentent le
  Reblochon et … la tartiflette
- Trésor, n’en fais pas tout un fromage.


Sujet 2 : Ecrire un dialogue "de sourds" où l'absurde est roi, façon Prévert
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Tu me suis, Charles-Edouard ?

Par le plus bizarroïde des hasards, j’ai retrouvé Charles-Édouard, mon vieux copain de lycée. Miracle de l’Internet, je suis tombé sur lui en tapant son nom sur Google : Charles-Édouard De Mansuel ! Comme patronyme, ce n’est pas très courant, il faut le reconnaître. Mais pour nous tous, c’était Charlie et lui-même préférait. Son nom de vieil aristocrate ruiné ne lui plaisait guère. 

Sur Internet, il était considéré comme le spécialiste de la chasse aux canards. Je me suis dit que pour un De Mansuel, ç’était assez comique. Puis, je me suis souvenu qu’à l’époque déjà, il nous avait parlé d’un étang en Sologne où il accompagnait son père les week-ends pour la chasse au gibier d’eau.  Ainsi, Charlie avait fait son chemin dans la vie avec un fusil dans la main ! Un gars qui avait peur de son ombre. Je brûlais de lui parler, de le revoir. Aussitôt je lui envoyai un e-mail pour me rappeler à son bon souvenir. Je lui communiquai aussi mon numéro de portable.

Il se passa un bon mois avant qu’un soir de février, alors que je suivais distraitement les blablas de Pujadas au journal télévisé, le téléphone se mit à retentir dans mon dos. Je sortis de ma torpeur et mis un moment avant de capter qui c’était.

" Baudoin, c’est moi Charlie. Tu m’as envoyé un e-mail. Je suis Charlie, ton vieux pote de bahut. Putain, ça fait un bail !

- Charlie ? Oh ! Charlie, comme je suis heureux de t’entendre ! Mais que deviens-tu ? Toujours la chasse aux canards alors ?

- Eh oui, on ne se refait pas, mon vieux. C’est pour ça que je ne t’ai pas appelé tout de suite. Dans ma cahute, là-bas en Sologne, je n’ai pas Internet, tu sais. Et c’était la pleine saison pour le colvert !

- Tu sais, Charlie, j’ai toujours souhaité te revoir. Je comptais te rencontrer dans la rue par hasard, comme au cinéma, ou au supermarché entre deux rayons. Mais le temps passant, j’ai compris que cela ne se ferait pas. Tu me suis ?

- Oui, je te suis. Mais il faut que je te dise, je ne sors plus du tout.

- Ah ?

- Depuis quelque temps, je ne sais pas pourquoi, tout le monde me suit. Il y a même des affiches qui le disent.

- Qui disent quoi ?

- Je suis Charlie. En grosses lettres noires, c’est écrit partout. Je n’ose plus marcher dans la rue. L’autre jour, j’ai dû descendre à Gien pour mes cartouches. J’allais peinard sur le trottoir. Je me retourne d’un coup, il y avait foule derrière moi. Ils me suivaient tous. Je m’engouffre chez mon armurier. Qu’est-ce que je vois sur la porte ? Une affiche invitant les gens à suivre Charlie. Je n’ai pas pu continuer. Je me suis effondré. Mais pourquoi moi, Baudoin, tu peux me le dire ?

- C’est à cause de l’attentat. Tu n’es pas visé, Charlie. Pas toi. C’est un affreux malentendu.

- Tu te rends compte, Baudoin, ils me privent même de la chasse aux canards ! "



aev09 : ERIC

Sujet 1 : Acrostiche de "Camembert" 
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Coco la douce
Arrive clopin-clopant
Maquillée à outrance
Engrossée jusqu'aux oreilles
Moulée dans une robe à paillettes
Braillant à qui veut l'entendre
Espèce de salaud
Rat d'égout
Tu ne m'auras pas une deuxième fois !



Sujet 2 : Ecrire un dialogue "de sourds" où l'absurde est roi, façon Prévert
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Maurice et Bernard

« - Regarde ces gosses Bernard, ils vont faire une connerie !
- Tu as vu le match hier soir ?
- Ils ne vont pas oser !
- Le fric, Maurice, ça ramollit les joueurs au lieu de les booster.
- Regarde, ils sont en train d’escalader le portail.
- Ça m'a tellement pris la tète que j'ai regardé le mec qui parle des livres …
- Bordel, il faut appeler les flics !
- C'était tellement chiant que je me suis endormi.
- Ils vont s'électrocuter ces morveux!
- En parlant de morveux, le mien il me tape sur le système.
- Bon j'appelle les flics.
- Tu sais pas la dernière connerie qu'il a fait ? Il a mis ses doigts dans la prise. J'ai dû l'amener aux urgences.
- Allô ! Il y a des gosses qui sont rentrés dans la centrale électrique !
- Trois heures qu'on a poireauté pour qu'un interne me dise que mon Léon, il a le cœur costaud, qui n'y aura pas de séquelles, se genre de connerie !
- Deux, oui, ils sont deux, genre arabe, entre 13 et 15 ans environ, je ne sais pas monsieur, ici il n'y a que de la racaille !
- A qui tu parles Maurice ? Je vais me chercher une bière, t'en veux une ?
- Écoutez, faites votre travail !
- Ce soir, il y a Paris contre Marseille, ça va péter, forcément.
- Quel abruti ce flic! Il me demande de quelle couleur ils sont ces mômes.
- Je vais me faire un steak, t'en veux un ?
- Noir, jaune, blanc, bleu, rouge, qu'est ce que j'en sais moi.
- T'as raison, je vais sortir mon drapeau du PSG ! Faut pas avoir peur de ses opinions.
- Bon, il commence à faire froid sur ton balcon, je vais chercher mon blouson.
- Je te jure que si le PSG perd cette fois si, je renouvelle pas mon adhésion !
- Regarde Bernard, les secours arrivent, je suis sûr qu'ils se sont fait cramer !
- Bon je vais voir la météo, faudrait pas qu'il pleuve en plus.
- Bernard, je te pari qu'il y a plus de jus !
- Putain Maurice, les plombs ont dû sauté, il y a plus de télé !
- Pauvres gosses, même si c'est de la racaille, quand même ce faire griller comme ça à leur âge !
- Maurice vient voir les infos, il y a des gosses qui sont morts dans la centrale d’à côté !
- Bernard t'es trop con ! »

PENSÉE DU MOIS

PENSÉE DU MOIS